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 Mois de février 08 : Nos origines ...

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goeland

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MessageSujet: Mois de février 08 : Nos origines ...   Ven 15 Fév - 23:02

Nous venons tous d’un papa et d’une maman. Pour la plupart d’entre nous, nous avons vécu avec nos deux parents ensemble ou séparés. C’est eux qui ont comblé nos besoins, qui nous ont éduqué, qui nous ont donné une tonne de lift pour nos milles activités, qui nous ont fait découvrir un coin du monde, qui nous ont tant aimé (et qui nous aiment encore!!!).

Présentement, je fais un stage dans les Centres Jeunesses de l’Outaouais. Je suis constamment confrontée à la vision de familles dysfonctionnelles qui n’arrivent pas à s’en sortir seules. Vous ne pourriez pas imaginer les multiples problématiques des filles que je côtoie à la Maison Héritage. Pour la plupart, nous parlons d’abus de drogue douce ou dure, de prostitution, de multiples fugues, d’absentéisme scolaire répété, d’automutilation pour certaines, etc. Ces filles ne l’ont vraiment pas eu facile…

Pour certaines, les parents et la famille, sans le vouloir, alimentent ces comportements. On parle alors de familles enchevêtrées où les rôles de chacun s’entrecroisent (un enfant qui joue le rôle d’un parent par exemple) et de familles hyperrigides où l’on ne laisse pas de place pour que chacun s’exprime comme il le veut. Le gros travail des intervenants est de faire prendre conscience à la famille des mauvais paterns et ensuite de travailler à les faire diminuer et voire, à les exterminer!

Donc, moi, petite fille unique provenant d’une famille qui n’a pas eu recours à de l’aide professionnelle, je remets constamment en question ma famille depuis un bon certain temps. Il y a des façons de faire de mes parents dont je doute de leur efficacité. Je pense aussi à ce que mes parents ne m’ont pas donné et ce que j’ai grandement apprécié.

Je crois que le plus beau cadeau que mes parents m’ont donné, a été leur souci de m’offrir le meilleur, tant au niveau de mon éducation scolaire, qu’au niveau de mes activités extrascolaire. Ils ont pris soin de ma sécurité, de mes besoins primaires, de mon éducation. Par contre, un gros élément qui m’a manqué a été de me faire découvrir mes sentiments. Durant un grand bout de ma vie, je n’étais pas capable de parler de ce que je ressentais. Je me le faisais reprocher assez souvent à chaque fois qu’une relation amicale ou amoureuse devenait plus intense. Même encore aujourd’hui, j’ai parfois certaines difficultés à m’ouvrir.

Or maintenant, je ne peux revenir dans le passé. Aussi, je sais que mes parents ont fait de leur mieux pour m’éduquer. À tous les jours, j’essaie de trouver des moyens pour combler mes manques et de plus, j’essaie de réellement pardonner à mes parents les petits oublis qui ont fait dans le passé. Ce n’est pas si facile que ça. Mais lorsque je regarde ce que vivent certaines familles, et bien ça rend mon processus plus facile.

Et vous, comment pensez-vous que nos parents influencent qui nous sommes? Avez-vous déjà pensé à ce que vos parents vous ont légué comme éducation de la vie? Avez-vous des bibittes qui vous pourchassent de votre enfance? Vos frères et sœurs ont-ils eu une influence sur votre développement? Si vous êtes vous-mêmes parents, comment pensez vous que vous influencez votre enfant?

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Bison

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MessageSujet: Re: Mois de février 08 : Nos origines ...   Lun 3 Mar - 11:03

Encore une autre grosse question heavy métal. Suspect Je ne me surprends pas que les gens tardent à y répondre. Je crois aussi que c’est un sujet qui appelle une certaine pudeur (surtout sur internet, peut-être plus adéquat pour un palabre…) mais, enfin!

Première constatation; je trouve que j’ai eu une famille et des parents magnifiques. Deux parents aimants et très présents. Extrêmement différent et en se sens, venant appuyer la thèse de la complémentarité dans le couple. Ces différences avaient pour conséquence de présenter une polarité dans les aptitudes et la relation que j’ai eue avec chacun. Je me garde toutefois de penser que l’un était… et l’autre était… Même si ça pouvais correspondre un peu à ma famille, on entend souvent dire que «Ma mère ou les femmes sont plus sentimentales et les hommes sont plus cérébral…». Bien oui, les hommes viennent de mars et les femmes de vénus. C’est parfois utile de catégoriser de la sorte mais c’est toujours de la psychologie à rabais du magazine Elle Québec. Je vois bien avec l’exemple de mes parents qu’une grande aptitude à quelque chose peut occulter la même aptitude chez l’autre conjoint. En matière de sentiments par exemple, les hommes n’en sont pas dénués mais ils les expriment différemment. Mieux encore, pour un «talent» que je reconnaissais très fort chez mon père, ma sœur allais chercher et bénéficiait du même «talent» mais chez ma mère.

Ce qui est dommage c’est que socialement on a tendance à privilégier certains patterns associé à des sexes précis. Ainsi par exemple, en milieu de travail, les notions d’efficacité, de relations entre collègues, de dévouement envers l’entreprise et de distanciations envers ses contraintes familiales ne sont-elles pas typiques d’une certaine sorte d’homme? Ce n’est pas seulement un pattern liée au sexe, c’est aussi un effet de génération. Et si des femmes ou des hommes ne correspondent pas à ce modèle ou à ce qui est attendu d’eux, ont-ils une place? Inversement, en éducation qui est un domaine majoritairement féminin, n’est-il pas étrange de constater que les filles réussissent mieux que les garçons? Ne serais-ce pas que dans les comportements désirés chez les élèves on réprime un peu se qui serait naturel chez un garçon? Nous vivons dans un monde qui se gargarise de mensonges sociaux. La notion de «temps de qualité» dans les familles séparées en est un bon exemple. J’étais critique sévère de cette stupide notion complaisante et disculpante avant. Je pense toujours la même chose maintenant que je suis séparé. C’est pire encore. Avant mon opinons était davantage théorique alors qu’aujourd’hui c’est maintenant confirmé viscéralement. Et que dire de ces efforts de changer les mots pensant que ça peut changer la réalité. Bénéficiaire au lieu de patient dans les hôpitaux; associés plutôt que vendeurs dans les magasins; communautés plutôt que paroisse dans l’Église; conséquences plutôt que punition dans les écoles… Sleep Mettons un terme à ce paragraphe sociologique car ce n’est pas le propos ici.

Dans mon cas, si j’avais à en faire le bilan, je dirais que le legs de mes parents est davantage positif. Bien sur, j’ai mes bugs. Certains avec lesquels j’ai été capable de faire du ménage et prendre mes distances et d’autres qui restent des défis dans ma vie. Ce qui est comique, c’est que c’est plus facile pour moi de voir les «bugs familiaux» en regardant mes frères et sœurs. Ensuite, je me demande en quoi moi aussi je suis atteint, comment ça s’exprime dans ma vie et comment ça me limite.

«Savoir d’où on vient pour mieux savoir (ou décider) où on va». Ces temps-ci, ce ne sont pas tellement mes racines qui me questionnent mais plutôt ma nouvelle dynamique familiale. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que je suis rompu à l’introspection. Je n’ai pas fait près de 30 ans de Route sans travailler sur mon Unité de vie, sans avoir à ramasser mes morceaux. Je suis loin d’être parfais mais j’ai quand même certains acquis. Dorénavant, je ne pourrais pas trop me baser sur le modèle familiale que j’ai connu pour vivre ma famille actuelle. Mes parents sont toujours mes parents. Je suis toujours qui je suis mais je devrai trouver une nouvelle façon de l’être et ce, ajusté à mon contexte familial.
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Biche

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MessageSujet: Origines   Mar 25 Mar - 23:05

En parlant d’origines, j’ose vous partager quelque chose que j’avais enterrée. La route, telle qu’elle a été présentée en fin de semaine, m’a fait revivre mes origines religieuses. Ma mère, une ancienne religieuse, était imprégnée du sens de Dieu. La prière et le sens du sacrifice m’ont marquée étant jeune et plus tard m’ont fait réagir.

Le message était que la perfection sur terre n’existe pas. Le Dieu que je croyais très loin de moi et inatteignable m’incitait à imiter les comportements de ma chère mère. Comment relativiser tout cela...à 8 ans lorsque je défilais avec les autres paroissiens à la Fête-Dieu en juin. Il n’était pas question d’ouvrir ce sujet à la maison. Le climat était comme un gros oeil qui me regardait pour me prendre en défaut. Il faut dire que l’école primaire allait dans le même sens.

A l’adolescence, je me suis rebellée... je ne rentrerai pas dans les détails. C’est-à-dire que le petit diable en moi était aussi vivant. En tout cas, je n’étais pas une sainte. Mon petit diable me tirait par le bas... Je laissais de la place au diable parce que je ne pouvais pas espérer devenir une sainte, c’était une cause perdue. Donc, si je ne peux pas être dans la sainteté, je suis un diable.

La notion de sacrifice m’avait marquée mais pas assez pour ne pas réaliser jeune adulte que je pouvais choisir le bien, avoir du plaisir, espérer vivre en paix et être en attente d’une apparition.

La marche du pardon m’a fait déterrer ces souvenirs d’enfance. Je l’ai trouvé dure dure, pas de marcher, mais de faire ce retour de 45 ans en arrière dans mes origines, le mois de mai (mois de Marie – imagine un mois à me rendre à l’église dire mon chapelet presqu’à chaque jour), la fête Dieu, etc. pour être dans les bonnes grâces de ma mère et dans celles de ce Dieu jugeant qui surveille. Je comprends maintenant que j’ai développé des traits parano.

Aujourd’hui, j’ai fait la part de Dieu et la part du Diable, la notion du bien et du mal, le ‘’toujours – jamais’’ de l’enfer. Sentiment de culpabilité de vouloir plaire, de vouloir s’amuser. Voilà le côté sombre d’une partie de mon héritage que la marche du pardon a réveillé.

Maintenant, la notion de Dieu a pris un autre aspect. Elle est joie, partage et vie. Le scoutisme m’a permis de vivre ces valeurs mais dans la concrétude du quotidien, pas seulement agenouillée ou à attendre d’avoir le courage de monter les marches de l’oratoire à genoux. Ce n’est pas cela que mon Dieu attend de moi, il m’a donné des talents, une tête c’est à moi de m’en servir. Et comme je crois que la paix vient de Dieu, j’écoute cette voix intérieure qui me dicte si je suis sur la bonne voie de cette paix.

Le positif de mon héritage maternelle et aussi paternelle est que l’on peut trouver le bonheur dans un travail que l’on aime. Le chemin a été long mais j’y suis arrivée!

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Biche
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Bison

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MessageSujet: Re: Mois de février 08 : Nos origines ...   Ven 28 Mar - 11:33

Après un bout de temps d'inaction, voilà que le forum se met en activité. bounce Paul a ajouter son texte sur ce qu'est un Routier (dans la section «Retour aux sources»). C'est magnifique. Il n'y a rien à rajouter à cela sinon «vive la Route!» cheers

Et là, je lis le témoignage de Biche. Ouf... Quelle richesse. Là non plus, il n'y a rien à dire après l'expression de son vécu.

J’ai toujours trouvé qu’à travers tout les grands courants spirituels, les charismes des congrégations, le scoutisme devrait avoir sa place car il porte une richesse unique : la spiritualité incarné dans le concret du quotidien. En vous lisant tout les deux, il m'est revenu une petite histoire que je voulais partager.

Il était une fois, un homme d'affaire déambulant dans les rues du centre ville de Montréal en pensant à son prochain meeting. Or voilà qu'il croise un itinérant endormi sur le trottoir. On en voit souvent à Montréal de ces quidams mais cette fois ci, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Notre homme fut saisit de pitié à la vue de cette loque humaine.

«Est-ce épouvantable!» se dit-il. «Ce pauvre type est couché comme un chien tel un déchet trainant sur le trottoir. Qui se préoccupe de lui? Il n’a pas de lieu ou demeurer, n'as probablement pas de quoi manger à sa faim. Il ne doit pas avoir de souvenirs lui appartenant ni de photos de lui. C'est comme s'il n’avait pas de passé. Quant à son futur... Ses haillons sont dégoutants et il sent jusqu’ici. On vit au Québec en 2008, tout le monde se promène avec un ipod, un cel. et un portable et lui n'as rien, même pas l’essentiel. Scandale! Tout le monde passe sans le voir… Personne ne s'occupe de lui»

Voilà que notre homme se tourne vers le ciel et se met à invectiver le bon Dieu. «Et toi, le grand barbu là-haut… Pourquoi tu permets de pareille chose? Tu crée le monde, tu nous dis de nous aimer les uns les autres et ensuite tu ne fais plus rien? Tu t’inscris aux abonnés absents et tu nous laisse avec la faim dans le monde, la maladie, les tremblements de terre, les catastrophes, les épidémies? Pourquoi tu permets tout ça? Concrètement, toi le père du ciel, est tu un père pour ce pauvre homme abandonné? Qu’est-ce que tu fais pour lui? Rien à foutre des belles paroles bibliques… qu’est ce que tu fais concrètement pour ce type? RÉPONDS!

Contre toutes attente, Dieu lui répond : «Ce que je fais pour lui… je t’ai fais toi!»
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Ocelot

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MessageSujet: Re: Mois de février 08 : Nos origines ...   Sam 29 Mar - 12:21

Effectivement cette histoire me rappelle quelque chose,

une histoire similaire, qui nous fait réaliser que si les choses peuvent changer ou doivent changer, il faut agir. Ne pas attendre qu'un autre le fassent car on se doute que le prochain et le prochain et le re prochain vont pensé au prochain et que finalement personne ne fassent quoi que ce soit. être à l'écoute de notre entourage et agir, c'est ce que nous montre non: Le scout est fait pour servir et sauver son prochain.

Restons à l'affût.
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Biche

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MessageSujet: Pauvreté   Dim 30 Mar - 21:19

J’aime beaucoup les histoires, mais aussi les histoires vraies. J’ai envie de te relancer Ocelot. Intéressant. Et toi Ocelot, qu’aurais-tu fait pour ce pauvre homme?

Personnellement, je me serais dit que la vie est injuste, que je suis dans la ouate ou j’aurais réfléchi à ce que ma vie a de superficiel. Et tout cela n’aurait pas vraiment aider le pauvre homme. Quels sont les besoins que l’on voit pour lui...? Lui donner à manger, lui enseigner à pêcher, et ainsi de suite pour avoir meilleure conscience... Le mot charité peut paraître égoiste et rempli d’orgueil et de jugement. Par contre, la charité vécue dans un sens qui rejoint la ‘’communauté’’, alors là ça me plaît. Une attitude empathique, compatissante, généreuse ressemble plus à l’attitude que Jésus avait lors des rassemblements ou dans ses rencontres. Quelqu’un qui n’a pas un sous, que peut-il donner sinon de son énergie, son temps ou son croûton de pain? Pensons communauté... pas simple.

Ce n’est pas toujours facile de partager notre pain, notre maison, notre espace, notre argent, notre liberté... d’être un rayon de soleil pour les autres. Si on nous prend un pouce, on a l’impression qu’on va nous prendre le bras au complet. Je suis tout à fait d’accord d’être à l’affût. Servir et aider son prochain. Il y a beaucoup d’occasions d’aider les autres. Dans quel état d’esprit on aide? Quelles sont les croyances et les messages inscrits qui nous motivent à donner ou à aider?

Etre digne d’être aimé et où aimer prend tout son sens : être aimé pour ce qu’il est plutôt que pour ce qu’il fait. Reconnaître qu’on a des besoins contribue à reconnaître ceux des autres. Voilà des belles paroles...mais encore...

Bon Faucon, je t’avais dit que je te parlerais de mes modèles... Et bien ce sont tous ceux qui ont choisi de s’engager. Ceux qui sont authentiques, les vrais, ceux qui sont intègres (coeurs – langue – mains). Ceux font du bien à l’âme. Ceux qui écoutent. Ceux qui prient, ceux qui organisent, ceux qui ont une vision élargie du monde humain. Les proches-aidants, ces gens n’ont pas nécessairement leur nom dans le journal. Et tant mieux si leur nom y est.

Il serait intéressant que chacun puisse raconter une histoire vraie...un témoignage, sans prétention.

Bonne fin de soirée!
Biche
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Raton

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MessageSujet: Re: Mois de février 08 : Nos origines ...   Mar 8 Avr - 12:25

Nos origines... Pas facile comme sujet... J'ai mis beaucoup de temps pour répondre, je me lance maintenant mais je ne suis encore pas trop certains de ce que je vais dire ici en ce moment ou j'écrit cette ligne...

Donc d'ou viens-je? Je viens d'une famille qui a fait ce qu'elle pouvais malgré de grandes lacunes... Je peux vous dire que depuis que j'ai 7 ou 8 ans que je pousse ma mère pour qu'elle se sépare de mon père... Elle à enfin pris la décision de le faire en septembre dernier (Donc après 20 ans à se faire pousser par ses enfants pour qu'elle quitte la maison) Comme on dit, mieux vaut tards que jamais, mais je crois qu'elle ne voyait pas que la famille était disfontionnelle, elle avait une pensée magique qui lui faisait croire que tout s'arrangerait tout seul et que tout serait mieux pour nous (ses enfants) si elle restait avec mon père à endurer ce qu'elle n'était plus capable d'endurer, mais elle n'avait peut-etre pas conscience que nous aussi on devait endurer ce qu'elle ne pouvais plus endurer elle même, donc... En septembre dernier, quand elle s'est enfin rendu à l'évidence, ou plutôt 2 mois plus tards après avoir digéré son choix, elle est venu me voir pour me dire merci de l'avoir confronté à la réalité durant toutes ces années et pour s'excuser de ne pas fait ce qu'il y avait a faire plus tôt pour nous offrir une vie heureuse à toute la famille. Ceci dit, depuis que mes parents sont séparés, je dois dire que ca change beaucoup de choses. Premièrement je vois ma mère heureuse pour l'une des premières fois de ma vie, je vois mon père qui, sans faire des miracle, gère ses affaire sans toujours se fier à tout le monde et sans remettre la faute sur tout le monde et pour moi, même si je ne vie plus dans la maison familliale depuis plusieures années, ça me libère d'un gros poids, ca me réjouis de voir mes parents prendre du mieux et c'est drole à dire mais c'est difficile de croire en soi quand on ne peut pas croire en ses parents et c'est ce que ça m'apporte de plus, je ressens que je peux enfin commencer à croire en moi et à me forger une estime personnelle réaliste maintenant que j'ai réussi à croire en mes parents.

Je dois dire que durant plusieures années, j'ai haïs mes parents... Le mot est un peu gros car je ne les ai jamais vraiment haïs, mais je préférais ne plus les considérer pour être capable de faire ma vie de mon côté sans avoir à subir l'influence de modèles disfonctionnelles. Je ne les ai pas totalement rejeté, mais je me suis mis les voir comme de simples connaissances, des gens comme tout le monde qui ont croisé mon chemin très tôt dans ma vie... Cette vision à ça de bon, c'est que ça m'a permis de prendre mes distances, mais ça a de moins bon le fait que sans parents ou d'équivalent pour les remplacer on se sent un peu perdu et on risque beaucoup de se perdre dans le tourbillon de la vie... Par la suite j'ai essayé de les considérer comme des amis, mais encore là c'était difficile à vivre, et c'est drole a dire, mais j'avais beaucoup de difficulté à les respecter. Maintenant, depuis qu'ils sont séparé, j'ai recommencé à les considérer comme mes parents, en gardant en tête que ce sont des humains, imparfais, mais qu'ils sont enfin capable de relation de qualité avec leurs enfants et donc j'ai décidé que moi aussi je suis enfin capable d'avoir des relations de qualité avec mes parents. Je trouve dommage de ne pas avoir eut accès à une famille comme celle là plus tôt, mais comme on dit, mieux vaut tards que jamais et on ne peut revenir sur le passé, donc je dois apprendre à voir tout ça non plus comme ce qui me défini, mais comme expérience de vie, mais je crois que c'est plus facile à dire qu'à faire, voici donc un beau défi!
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Faucon
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MessageSujet: Re: Mois de février 08 : Nos origines ...   Sam 19 Avr - 13:08

Décidément, nos discussions sont toujours aussi riches! Voici un sujet que je trouve, personnellement, particulièrement important, donc je vais profiter de cette petite matinée de lendemain de veille (pas couché avant 6h du mat!) où je suis enfin en congé (mais juste pour deux semaines cette année... pale) pour offrir ma contribution. J'ai bien peur que mon texte soit un peu long malheureusement...

Ma mère disait qu'on passe toute notre vie à se défaire des bugs que nos parents nous ont laissé; je crois qu'elle avait raison, même si c'est pas jojo comme perspective. Quant on y pense, nos premières années de vie au sein de la famille modèlent et façonnent presque complètement qui nous allons devenir, ce sont nos relations familiales qui vont servir de canvas pour presque toutes les relations que nous établirons plus tard, elles vont déterminer quels liens d'attachement nous établissons avec nos proches.

Ces années de vie communes coincident également avec le développement de la personalité et influencerons donc profondément quels types d'attitudes nous adopterons face à la vie, nos mécanismes de défense, nos valeurs profondes - tout ça sans parler de notre quotient intellectuel, nos ambitions, notre culture générale, etc.

Donc il est clair pour moi à quel point ces années de vie avec la famille sont cruciales dans notre développement (surtout qu'on est encore plus influençable comme enfant) et donc que des bugs transmis durant cette période seront ancrés profondément en nous-même. Insécurité, attachement instable, manque d'autonomie, presque toutes ces lacunes tirent leurs racines de notre enfance. Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'elles auront la vie dure, qu'il sera ardu de les y extirper.

Bien-sûr les expériences que l'on vit comme adulte sauront nous donner quelques leçons (!), mais je dirais que leur potentiel d'influence est moindre, et c'est probablement une bonne chose de ne pas passer sa vie à continuellement vivre des expériences transcendantes et/ou traumatisantes - la carapace que l'on forme avec les années nous donne la paix quoi!

Donc en sommes, je dirais qu'on est pris avec notre bagage familiale toute notre vie et que pour certaines personnes, ce bagage peut être particulièrment lourd à porter! Heureusement, nos relations familiales ne nous laissent pas que des bugs, mais bien aussi beaucoup de nos aspects lumineux, comme par exemple la capacité d'aimer, notre résilience face à l'adversité, notre courage d'affronter la vie, etc

Ok, j'ai fini avec l'espèce de préambule théorico-académique, je vais en venir aux faits de ma vie maintenant ! cyclops

Mon père, qui est organisateur communautaire comme plusieurs d'entre vous le savent, et qui a travaillé toute sa vie au CLSC du Marigot à Laval, avait commencé des études de Génie en terminant son cours classique (ben oui, ça c'est une autre époque, même pour toi Marguerite je pense que le Cours classique n'existait plus...). Et où avait-il commencé ça en passant? À Ottawa, là où je fait mes études de médecine!! Mais il a finalement lâché après 1 an, il n'aimait pas ça et puis il avait une blonde à Montréal... Il a finalement commencé un bac en travail social, mais s'est trouvé une job comme organisateur communautaire au CLSC avant d'avoir terminé.

En tout cas, j'ai personnellement longtemps trouvé que mon père n'était peut-être pas allé au bout de lui-même, qu'il n'avait pas tiré profit de ses capacités, bref qu'il avait manqué d'ambition... Je sais que c'est un jugement plutôt sévère, mais je l'ai toujours trouvé si intelligent que me semble qu'il aurait pu accomplir de grandes choses, rayonner davantage.

Or pour lui, cette voie n'a pas paru attirante pour je ne sais quelles raisons et il a plutôt consacré sa vie à l'éducation de ses enfants. Et voilà peut-être un de ses plus beaux accomplissement (don't get me wrong here, je ne dis pas ça pour me vanter), car il avait justement "la vocation" de père. Non seulement il avait ce que j'oserais dire le talent d'être un bon parent, mais il avait aussi le don de l'amour inconditionnel - ce qui est probablement un des aspects parentales le plus important.

Et pour être juste, je devrais aussi dire qu'il a su se distinguer dans son travail pour la ville. Après plus de 25 ans de service, les nombreux projets qu'il a réalisé laisseront une trace indélibile et certains de ses projets ont été particulièrement avant-gardistes et novateurs - comme entre-autre les Habitations St-Christophe (qui, en passant, a nécessité un budget de près de 7 millions de dollars).

Mais il n'en demeure pas moins que dans ma subjectivité peut-être injuste, j'aurais en quelque sorte espéré que mon père aille jusqu'au bout de lui-même. En outre, je crois aussi que j'avais l'impression que sa vie ne le satisfaisait pas complètement lui-même. C'est peut-être là justement l'origine de mon sentimeent, c'est vrai que j'ai toujours eu les perceptions à vif.

Et j'ai conscience maintenant que c'est comme si mes choix de vie représentaient une réaction contraire à cette perception envers mon père. Moi je fait un Bac, une maîtrise et maintenant mon doc de médecine; j'ai étudié la psychologie, la biologie, la neuro, la philosophe, même la physique (!); je m'investis dans les scouts; je développe les côtés intellectuel, physique et émotivo-spirituel de ma personne; j'ai voyagé, dont 5 fois en Europe; bref, je tente de mordre dans la vie à pleines dents et de me développer aussi pleinement que possible.

Or il y a presque queque chose de boulimique là-dedans (le 7 hen Marguerite...) et j'ai conscience d'un petit côté ambitieux dans mes choix personnels. L'illustration la plus frappante je crois c'est justmement le fait que je poursuivent mes études de médecine ici, à Ottawa, là où dans mon esprit irrationnel mon père a fait un choix déterminant pour sa vie. (Je sais que cette perception a probablement peu à voir avec la réalité des choses pour lui, mais dans mon esprit, j'ai comme fixé cette interprétation). Et voilà que moi, je fait le choix opposé de lui, je reste ici et je poursuit sur cette voie ambitieuse...

Enfin, j'ai pris conscience de cette espèce de tendance chez moi et j'espère simplement que je ne serai pas complètement dévoré par l'ambition d'accomplir toujours davantage - au prix d'autres choses aussi ou même parfois plus importantes (famille, paix intérieure, etc.), j'espère que je réussirai à trouver mon équilibre; ces un gros défi dans ma vie, mais j'y travaille fort!

Bien-sûr, j'ai identifié d'autres bugs dans ma vie qui me viennent de mes parents - venant de ma mère par exemple. Et puis je pourrais également discuter des nombreux cadeaux lumineux qu'ils ont semé en moi, mais là je crois que j'ai assez surchargé cette rubrique... Je vais donc vous faire grâce de davantage de mots... ah, pauvres de vous, l'indigestion de mots ne doit pas être bien loin... J'ai presque envi de m'excuser... Enfin, j'ai moi-même bien apprécier ce moment de réflexion/introspection... Merci d'avoir proposé ce sujet et d'y avoir contribué vous-mêmes.

Vive les vacances!!!
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Mois de février 08 : Nos origines ...
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